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Dossier dans Le Monde : le scandale financier et sanitaire de la dialyse à La Réunion… et au-delà !

Mis à jour le mardi, 02 avril 2019 03:59 - Écrit par Renaloo le mardi, 02 avril 2019 03:45

Après le Canard Enchaîné, c’est au tour du journal Le Monde de revenir sur l’affaire de l’AURAR à La Réunion, mais aussi de pointer les dysfonctionnements de la dialyse sur l’ensemble du territoire.

Le journal relate des abus financiers considérables et surtout leurs conséquences pour les patients. La principale concerne les freins et retards dans l’accès à la greffe, inférieur en France à celui d’autres pays européens. Depuis des années, il est pourtant établi que la transplantation rénale est préférable à la dialyse, en termes de qualité de vie et d’espérance de vie, rappelle le quotidien. Ainsi, une femme de 30-34 ans avec IRCT peut espérer vivre encore trente ans et demi si elle est greffée (et reste avec un greffon fonctionnel toute sa vie), alors que son espérance de vie n’est que de seize ans si elle est dialysée(1)

Malgré les difficultés à dénoncer un système privilégiant la dialyse pour des raisons financières - plusieurs lanceurs d’alerte auraient confié aux journalistes du Monde avoir été victimes de calomnies et de tentatives d’intimidation - certaines voix commencent à s’élever. Parmi elles, celle du professeur Jean-Louis Touraine, néphrologue et député du Rhône La République en marche : « Dans plusieurs villes, pour accéder à la greffe, il faut surmonter des inerties, des freins, des défauts organisationnels, des insuffisances de prélèvements d’organes, des intérêts financiers divergents ».

La Cour des comptes vient de lancer à la demande du Sénat une nouvelle enquête sur le dossier, qu’elle connait bien : les conclusions de son rapport de 2015 étaient déjà accablantes. L’Assurance-maladie indique a également entrepris des contrôles sur des structures de dialyse et des néphrologues en métropole, dont certains ont donné lieu à des dépôts de plainte pénale, ou des notifications d’indus avec pénalités financières.

Ces préoccupations ne sont pas l’apanage de la France. Ainsi, Fresenius, principal groupe de dialyse mondial, est poursuivi pour corruption par le Département de la justice américain. Fresenius aurait versé 31 millions de dollars en pots-de-vin dans au moins 17 pays afin d'obtenir des contrats pour le développement de ses centres de dialyse. La direction de Fresenius est également mise en cause pour s’être engagée dans des stratagèmes de corruption et en enjoignant à ses employés de détruire les dossiers relatifs à la faute.

Toujours aux USA, le secrétaire d’Etat à la santé américain vient de taper du point sur la table : « Alors que la greffe améliore la santé des patients et diminue les coûts, pour les structures de dialyse, chaque greffe réalisée, c’est un consommateur perdu » a t-il déclaré voici quelques jours, s’engageant à une réforme de grande ampleur. Un discours qu’on aimerait voir porté aussi fortement dans l’hexagone.

Nathalie Mesny, présidente de Renaloo, interviewée par Le Monde, a regretté l’absence de transparence médicale et financière de la dialyse en France et demandé à l’Etat de s’engager pour montrer que l’intérêt des personnes malades et la santé publique l’emportent sur les lobbys.

Du côté du Ministère de la santé, l’enjeu semble clair : « La greffe est la meilleure modalité de traitement et doit être privilégiée pour devenir majoritaire, tout comme la dialyse à domicile ». Mais les patients attendent toujours des actes forts, à la hauteur du scandale financier, médical et humain que nous dénonçons depuis des années. 

> Télécharger le dossier du Monde en pdf

> Télécharger l'interview de Nathalie Mesny, Présidente de Renaloo, dans Le Monde

(1) Données d'espérance de vie issues du registre REIN. 

3 commentaires
 
+6 # Dominik 33 - Le 03 avril 2019 à 07h00
"garder un greffon fonctionnel toute sa vie"... Comment peut-on encore écrire de telles bêtises !!! J'en connais si peux pour qui ce fût vrai !!! On passe de la dialyse à la greffe mais on sait qu'au bout d'une décennie ou deux on fera le chemin inverse... Mais on ne doit pas empêcher des patients d'avoir droit à ces années de liberté retrouvée.
 
 
0 # agrippine2 - Le 09 avril 2019 à 06h33
De toute façon cela ne veut rien dire ! Toute une vie, si la vie dure 5 ans et que l'on meurt avec un greffon en fonction, c'est toute la vie.
je suis greffé depuis 28 ans, je n'irai certainement pas à 29, puisque mon greffon est en fin de vie. mais quand on sait que pour 1 greffon de cadavre c'est 10 ans et 15 ans pour un donneur vivant, moyenne, j'ai eu une certaine chance.
Il faut accordé son corps et son greffon, y aller progressivement , en prend soin d'une certaine manière et je ne parle pas des traitement, l'écouter. Cela doit vous paraître bizarre, mais en dépit de ce que pense les médecins, leurs régimes et tous les autres trucs.
Le traitement écouter son corps et le greffon.
et pour obtenir 1 greffe déjà les arceler pour être mis sur la liste.
 
 
0 # agrippine2 - Le 09 avril 2019 à 06h34
le site à 1 problème d'horaire, il est 20h33
 

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