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Affaire AURAR : des dérives financières, mais aussi médicales

Mis à jour le mercredi, 15 mai 2019 07:06 - Écrit par Renaloo le mercredi, 15 mai 2019 06:58

Après un an et demi de procédure, les résultats de l’enquête sur l’AURAR, initiée suite à l’alerte lancée par Renaloo, viennent d’être rendus publics. Comme le souligne le journal Le Monde dans son édition du 15 mai, les principaux constats du rapport provisoire, qui avait fuité dans la presse en avril, sont confirmés.

Le rapport souligne un système opaque reposant sur un empilement de SCI et sociétés de conseils, dont l’objet est parfois très éloigné de la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique, permettant la dilution des capitaux afin d’échapper à l’impôt, la redistribution des bénéfices sous forme de revenus et d’avantages en nature pour les dirigeants, les fraudes à l’assurance maladie, l’absence de contrôle par l’ARS et la CGSS… Au total, l’activité de soin des patients est devenue un outil au service de l’objectif principal de rentabilité, aux frais de la solidarité nationale.

Les conséquences pour les patients de ces stratégies d’optimisation financière sont préoccupantes.

Combien de patients réunionnais sont ainsi maintenus dans les modalités de dialyse les plus rentables, qui se trouvent être les plus lourdes, au détriment de leur autonomie, et / ou privés d’accès à la greffe, qui améliorerait pourtant leur qualité et leur espérance de vie ?

Seuls 19% des patients dont les reins ne fonctionnent plus sont greffés à La Réunion, contre 45% au plan national(1).

L’accès à la liste d’attente est très restreint et très lent sur l'Ile : seuls 16,4% des patients de moins de 60 ans sont inscrits au bout d'un an de dialyse(2)(3). Ce taux tombe à 1,8% pour les 60 - 74 ans.

Peut-on imaginer que l’AURAR, qui prend en charge environ la moitié des patients dialysés de l’Ile et dont la recherche de rentabilité est épinglée, soit étrangère à ces très mauvais chiffres ? C’est d’autant plus improbable qu’une réelle désinformation des patients sur la transplantation transparait dans certains témoignages

Pour mesurer précisément les pratiques de l’AURAR quant à l’accès à la liste d’attente, il suffirait d’examiner des indicateurs pertinents : délais médians d’inscription pour les dialysés de moins de 60 ans et pour les 60-70 ans, et, pour les patients dialysés non inscrits, leur nombre, leur typologie et leurs motifs de non inscription.

Ces informations, disponibles dans le registre REIN, sont malheureusement sous le sceau du secret, puisque l'accès aux données par établissement reste à ce jour interdit. Cette opacité permet aux mauvaises pratiques de perdurer et amplifie encore les préjudices subis par les patients. Il est désormais urgent que les pouvoirs publics protégent les personnes malades et tirent toutes les conséquences de cette affaire, qui montre la nécessité d'une transparence totale, médicale, organisationnelle et financière, des activités de dialyse en France.

(1) Les données sont issues du rapport REIN 2017.
(2) Les recommandations HAS prévoient que l’inscription doit être effective entre 12 et 18 mois avant le début de la dialyse.
(3) 43,5% dans l’Hexagone et plus de 50% en Aquitaine, Limousin, Bretagne, Midi Pyrénées.
 

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