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Coronavirus : Quels sont les effets et les risques de la deuxième vague pour la greffe rénale ?

Mis à jour le mercredi, 11 novembre 2020 11:28 - Écrit par Renaloo le mardi, 10 novembre 2020 05:14

Alors que l’épidémie continue de sévir sur tout le territoire, vous êtes très nombreux à vous inquiéter d’un éventuel nouveau coup de frein à l’activité de greffe rénale.

Au printemps 2020, durant la première vague épidémique, elle a été complètement arrêtée pendant deux mois.

✅ Malgré un redémarrage à compter du 11 mai, le nombre de greffes de rein réalisées à ce jour reste inférieur de 30% à celui de 2019.

➡️ Entre janvier et octobre, 2.147 greffes rénales ont eu lieu, dont 306 à partir de donneurs vivants.

➡️ De façon surprenante, la diminution de la greffe de donneur vivant (-27%) est plus forte que celle de la greffe de donneurs décédés (-18%).

➡️ Les prélèvements d'organes sur donneurs décédés ont quant à eux diminué de 21% sur janvier-octobre 2020 par rapport à la même période en 2019.

✅ Que faut-il craindre de la deuxiéme vague ?

➡️ En octobre 2020, l’activité s’est maintenue : 266 greffes de rein ont été réalisées contre 283 en octobre 2019. Parmi elles, 46 greffes à partir de donneurs vivants ont été réalisées, contre 51 en 2019.

➡️ Mais les choses semblent se compliquer en novembre. L’épidémie s’aggrave de jour en jour et provoque la surcharge des hôpitaux, des blocs opératoires et des réanimations.

➡️ Concrètement, la greffe rénale peut être mise en danger par :

  • l’impossibilité de maintenir les filières « sans Covid », nécessaires pour la sécurité des receveurs durant la greffe (de donneur vivant ou décédé) et ses suites, mais aussi que les donneurs décédés ne soient pas exposés au virus
  • la diminution des prélèvements sur donneurs décédés, liée à la difficulté globale à les prendre en charge alors que les réanimations sont surchargées

✅ Du côté des autorités de santé, les choses sont plutôt claires : les greffes doivent être maintenues. 

Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a rappelé à plusieurs reprises ces derniers jours qu’il s’agit d’une priorité nationale et qu’elles doivent continuer "autant que possible ».

L’Agence de la biomédecine (AbM), qui a publié en septembre des recommandations dans le sens de leur maintien, tient quant à elle un discours plus ambigu.

Ainsi, dans un communiqué publié ce lundi, elle met clairement en garde les patients : "Dans les prochaines semaines, compte tenu de la dynamique de l’épidémie, les délais d’attente pour accéder à la greffe rénale pourraient être allongés en raison, notamment, de l’indisponibilité des équipes médicales et paramédicales, ainsi que des blocs opératoires".

L’AbM continue cependant d'indiquer que toutes les greffes, y compris de donneurs vivants, se poursuivent, partout.

✅ Sur le terrain, certaines équipes ont pourtant commencé à déprogrammer leurs greffes de donneurs vivants, ce dont nous ont alerté plusieurs patients, notamment à Lyon, Besançon ou Marseille.

Certains témoignages ont fait l’objet de différents reportages ces derniers jours.

Voir le reportage diffusé lors du JT de TF1 du 6/11/2020, sur le report de la greffe de Léa

⚠️ Ces suspensions entraînent un préjudice et des pertes de chances majeures pour les patients.

Elles sont en outre en contradiction avec les recommandations de l’AbM, qui prévoient que si une greffe ne peut être réalisée, elle ne doit pas être reportée, mais déportée dans un autre hôpital de la même région ou d’une autre région.

✅ Les régions qui semblent avoir le plus de difficultés sont celles où les patients COVID sont les plus nombreux, notamment en réanimation.

L’Agence de Presse Médicale a pu interroger certains des hôpitaux concernés.

➡️ En Rhônes-Alpes, les Hospices civils de Lyon (HCL) indiquent que la greffe de rein à partir de donneurs décédés se poursuit, mais confirment que celle réalisée à partir de donneurs vivants est "suspendue", la dernière intervention ayant eu lieu mercredi 4 novembre.

"L'arrêt temporaire de cette activité s'intègre à la déprogrammation opérée par les HCL dans le but de privilégier les interventions à caractère d’urgence ou de semi-urgence, ce qui n'est pas le cas pour les donneurs vivants." Ils indiquent ne pas pouvoir se prononcer sur la durée de cet arrêt, qui dépendra de l'évolution de la situation épidémique et du taux d'occupation des lits de réanimation.

Les greffes rénales, y compris de donneurs vivants, se poursuivent pour le moment dans les autres CHU de la région.

➡️ En Paca, l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) a indiqué que les greffes rénales se poursuivent mais que "la question d'une suspension se pose".

➡️ Dans les Hauts-de-France, la situation au CHU de Lille a conduit à un "recentrage des activités chirurgicales" : "nous essayons tant bien que mal de continuer à greffer mais c'est au coup par coup et très en dessous de notre niveau habituel". L'activité reste "pour l'instant maintenue" et même "assez soutenue" au CHU d'Amiens.

➡️ En Ile-de-France, l'activité varie d'un centre à l'autre, mais pour le moment elle continue, y compris pour le donneur vivant.

Selon nos informations, les équipes d'Ile-de-France sont en train de s’organiser collectivement afin de pouvoir la maintenir en cas d’aggravation de l’épidémie. Une démarche pour le moment unique en France qui pourrait avoir valeur d’exemple.

✅ Les actions de Renaloo

➡️ Nous continuons à nous mobiliser pour que tout soit mis en oeuvre afin de maintenir les greffes rénales, de donneurs décédés comme de donneurs vivants.

Il s'agit en particulier d'obtenir que les recommandations de l'Agence de la biomédecine soient mises en application, et pour cela qu'une feuille de route nationale, détaillant pour chaque établissement ou groupe d'établissements l'organisation prévue pour faire face à l'épidémie.

➡️ Malgré les difficultés que nous rencontrons pour accéder à des informations précises et exactes, nous tenterons de continuer à vous informer sur l’évolution de la situation des greffes au fil de la crise, dans les différentes régions et hôpitaux.

➡️ N’hésitez pas à nous transmettre vos infos et témoignages, notamment si vous vivez un report de votre greffe de donneur vivant, ou de certaines démarches ou examens liés à la greffe.

 


Cet automne 2020 est marqué par une deuxième vague de l'épidémie de Covid19. Prenez toutes et tous soin de vous !

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