Lettre ouverte – Alerte dialyse à l’AURA Paris, grève annoncée, patients en danger : l’urgence absolue d’agir
L’association AURA Paris, qui prend en charge environ 1200 patients en dialyse en Île-de-France, se trouve aujourd’hui en cessation de paiement et a été placée en redressement judiciaire début janvier 2026.
Cette situation entraîne des conséquences majeures, tant pour les soignants que pour les patients, dans un contexte où la continuité et la sécurité des prises en charge sont essentielles.
Elle est à l’origine d’un préavis de grève, dont le début est annoncé pour le lundi 16 février 2026.
Cette menace suscite, chez les patients dialysés et leurs proches, une inquiétude immense et une colère profonde.
La dialyse n’est ni un soin différable ni une activité accessoire : c’est un traitement vital, dont dépend directement la survie de patients particulièrement vulnérables. Chaque séance, trois fois par semaine, compte. La durée de chaque séance, au moins 4 heures, compte. Les conditions dans lesquelles chaque séance est réalisée comptent.
Toute désorganisation, toute restriction d’accès – même temporaire – expose les patients à des risques sanitaires majeurs et à des conséquences dramatiques. Elle engendre également des situations de maltraitance, qu’il s’agisse de déports temporels (réduction ou décalage des séances) ou géographiques, imposant aux patients des contraintes supplémentaires incompatibles avec leur état de santé.
Cette situation provoque en outre une angoisse considérable chez des personnes déjà profondément éprouvées par la maladie, dont l’existence dépend de ce traitement vital.
Cette grève ne doit pas avoir lieu.
Le droit de grève est un droit fondamental, auquel il n’est évidemment pas question de porter atteinte.
La responsabilité d’éviter qu’un tel mouvement ne se produise repose pleinement sur le conseil d’administration de l’AURA Paris et sur son président.
Nous leur demandons solennellement de prendre immédiatement toutes les décisions nécessaires.
Dans l’hypothèse où le Conseil d’administration ne prendrait pas la pleine mesure des enjeux sanitaires, humains et éthiques en cause, nous demandons aux autorités compétentes de s’y substituer sans délai.
Nous demandons en outre que toute la lumière soit faite sur la situation de défaillance majeure dans laquelle se trouve aujourd’hui l’AURA Paris : sur ses causes, sur les décisions de gestion qui y ont conduit, et sur les responsabilités qui devront, le cas échéant, être pleinement établies.
Cette situation révèle une fois de plus l’impérieuse nécessité que soit enfin instaurée une totale transparence, médicale et financière, dans le domaine de la dialyse.
