IRCT – DFG à 7

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    Sujet
  • #61809
    stvnrs
    Participant
      • Message(s)5
      • Petit rein débutant

      Bonjour à toutes et tous,
      Je me tourne vers vous aujourd’hui pour avoir vos retours d’expérience par ceux qui sont au même stade que moi, et un peu de soutien, car je me sens assez désemparé face à l’évolution de ma situation et au décalage avec le discours des médecins.
      Mon profil et mes derniers résultats : J’ai 36 ans, une créatinine à 755 µmol/L environ pour un DFG aux alentours de 7 sur les dernières analyses. La Cystatine C était à 4,69 mg/L aux environs d’avril. La Protéinurie / Albuminurie est 6,29 g/24h (dont plus de 4,3 g d’albumine par 24h). Urée à 23,8 mmol/L, Bicarbonates à 16 mmol/L, Potassium à 5,2 mmol/L, Hémoglobine à 11,5 g/dL mais ça évolue régulièrement. J’ai également de la tension artérielle aux environs de 15/10 – 16/10.

      Avec ces chiffres, ma néphrologue ne semble pas du tout inquiète et ne m’explique pas grand chose. Elle me dit simplement que je peux encore tenir pas mal de temps (1 à 2 ans voir plus) et ne prend pas en compte mes symptômes (En réalité, elle n’écoute pas vraiment, et elle n’est pas la seule) Pourtant, ma qualité de vie se dégrade de plus en plus. La tolérance à l’effort et l’essoufflement qui deviennent de pire en pire, m’empêchant de mener une vie normale. Des mictions permanentes / un besoin d’uriner sans cesse, ce qui est extrêmement lourd et handicapant au quotidien. Des nuits hachées à force d’aller aux WC. Une fatigue permanente et de plus en plus intense.

      Donc mes questions sont les suivantes :

      Y a-t-il des personnes qui sont ou sont passées par ce stade (DFG autour de 7) à mon âge ? Comment évalue-t-on le temps “réel” qu’il reste avant la défaillance totale ? Avez-vous des astuces ou des retours d’expérience pour gérer cette gêne urinaire incessantes (Ils n’ont rien trouvé de mieux que les somnifères alors qu’à la base je n’ai pas de problème de sommeil) ?

      Comment faites-vous pour surmonter le sentiment de haine et le décalage de discours avec le corps médical quand les symptômes pèsent lourd ?

      Je précise également que je refuse la dialyse et la greffe : c’est un choix personnel qui ne regarde que moi, je ne cherche donc aucun jugement ici mais simplement de la bienveillance. Si j’y fais allusion, c’est uniquement pour préciser que je m’oriente vers un traitement conservateur et que j’éprouve tout de même le besoin de comprendre, que j’ai besoin de m’organiser et que je n’ai aucune envie de souffrir 🙂

      Merci par avance pour vos réponses et votre bienveillance.

    Affichage de 4 réponses de 1 à 4 (sur un total de 4)
    • Auteur
      Réponses
    • #61812
      ludo
      Participant
        • Message(s)272
        • Néphropathe confirmé
        • ★★★★

        Bonjour, euh comment vous dire…..votre fonction renale se meurt , il n existe que la dialyse ou la greffe…..ou la mort. Votre pseudo traitement conservateur n est peut-être valable que si il reste quelque chose a conserver. Là ! Ça arrive a la fin , ce que les nephros vous ont fait comprendre. Si vous leurs avez dit que vous refusiez tout traitement, bah….il ne peuvent pas faire grand chose de plus.a part vous récupérer lorsque vous finirez aux urgences.
        Il n y a pas de conseils spécifiques a vous donner part rapport aux symptômes, ce sont ceux d une insuffisance renale qui s installe. Et y a pas grand chose a faire sauf suivre un traitement de suppléance comme la dialyse ou la greffe.
        Donc il est difficile de ne pas vous faire comprendre,ce que vous allez certainement prendre pour du jugement.
        Vous êtes grand ,vous faites comme bon vous semble. Juste sachez que plus on laisse passer du temps avec un corps en souffrance, plus vous aurez des soucis secondaires par la suite. Niveau cardio ,artérielle principalement.
        Maintenant un vrai conseil de vécu : la maladie et ses symptômes, la fatigue par exemple, brouillent la réflexion la perception des événements et des choix a faire. Moi même et de par mes rencontres c est tres très fréquent. Et on s en aperçois après que la tempête soit passée. Dans ce cas la fin de la fonction renale jusqu’à la mise en dialyse ou greffe.apres tout s éclaire et d autres questions et choix arrivent.
        Voilà désolé si ça heurté ou que cela ne correspond pas a ce vous recherchiez, mais faut que vous en preniez conscience.
        Bon courage

        #61813
        stvnrs
        Participant
          • Message(s)5
          • Petit rein débutant

          Bonjour Ludo,
          Merci pour votre réponse. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas du tout heurté !
          je comprends votre raisonnement et la particularité de mon choix.
          En premier lieu, sachez que j’ai pris cette décision il y a plus de 10 ans déjà, sans jamais varier de discours.
          Je suis conscient que, sans traitement de suppléance, l’issue est fatale, et je n’ai aucune envie de mourir.
          En revanche, pour de multiples raisons personnelles, je refuse ce type de soin, de même que je refuse de dépendre entièrement et encore plus qu’aujourd’hui du corps médical, que j’ai malheureusement appris à rejeter au fil de mes suivis pour mes deux pathologies chroniques.
          Perdre ma liberté et voir la maladie envahir mon quotidien encore plus qu’aujourd’hui (rendez-vous, ordonnances à jour, pharmacie, commandes, horaires, trajets, laboratoires…) m’est intolérable. Je refuse de laisser ces saloperies prendre le contrôle de mon existence. Si je veux manger salé, je mange salé. Je suis fumeur et je continuerais tant que ça me fera envie… Vous comprenez l’idée.

          Mais Le fond du problème, c’est bien ça, ils ne me font rien comprendre du tout (C’est connu, nous les patients sommes de pauvres pécnos incapables de comprendre et nous ne connaissons pas notre corps) ! À les écouter, je suis presque en bonne santé (« vous tenez très bien » m’a-t-elle dit récemmen), sans qu’on me décrive de défaillance quelconque ni de risque à court ou moyen terme. Tant mieux, même si à la lecture de mes analyses ça me paraît curieux. Ce qui me pèse le plus, c’est l’absence d’écoute, le déni de mes symptômes et l’absence totale de réflexion. Je ne vois que des exécutants face à un cas, qui se contentent de régurgiter ce qu’on leur a enseigné en fac, sans implication réelle. J’ai même souvent l’impression qu’eux même ne savent pas ce qu’ils font, surtout quand ils se content de survoler les résultats et loupe la moitié.

          Ma décision a surpris ma néphrologue, ce qui est légitime. Pour autant, elle mérite d’être respectée, ce qu’elle fait non sans une maltraitance médicale (Et elle n’est pas la seule et j’en aurais à raconter !) aussi subtile qu’insidieuse, à coups de jugements permanents et infantilisants (ex : « Piouf… Alors pourquoi on fait tout ça, hein ? Puis vous savez, j’ai un autre patient comme vous… lui au moins il est grand et fin ») Ou qu’elle n’est pas à ce qu’elle fait parce qu’elle a des problèmes personnels. Ce qui me rend fou, c’est le manque d’explications et de personnalisation de la prise en charge. On me donne l’impression de me réduire à des grilles statistiques (le patient A a tel taux, donc vos symptômes à vous sont impossibles) en ignorant sciemment ce que j’essaie de faire entendre.
          Si je demande un retour d’expérience, c’est que je ne suis pas seul : je suis marié et entouré de personnes que j’aime. Je dois pouvoir m’organiser, mettre mes affaires en ordre et savoir si je peux encore voyager ou non. S’il me reste plusieurs années, tant mieux malgré les symptômes ; si c’est moins, je l’accepte. Mais j’ai besoin d’une temporalité et d’explications honnêtes sur l’évolution de la maladie. Savoir si je serai en mesure de comprendre quand ce sera la fin pour que cela se passe en douceur.
          Je reste un être humain avec des questions légitimes. Leur métier est d’adapter la prise en charge et d’y répondre, et non de projeter leurs propres angoisses ou de faire comme bon leur semble simplement parce qu’ils n’ont pas en face d’eux le profil stéréotypé qu’ils attendaient.
          Merci de m’avoir lu.

          #61814
          luc
          Participant
            • Message(s)1620
            • Néphropathe confirmé
            • ★★★★

            Moi j’ai commencé la dialyse autour de 10 de DFG…Si on descend trop bas on risque de dégrader certains organes… A vous de voir…Peut-être un deuxième avis avec un autre nephro?

            #61815
            ludo
            Participant
              • Message(s)272
              • Néphropathe confirmé
              • ★★★★

              Oui ,je comprends ce que vous décrivez. Moi même je refusez la dialyse classique alors que j étais en péritonéale (et ensuite ce fût, d une moindre mesure, le cas pour la greffe). Ça ne fonctionnait pas ,même!!! je m obstiné et prenais les nephros en grippe. C est l effet que je décris, le cercle vicieux qui ne nous rends pas cohérent au fur et a mesure que la pathologie avance et que l état physique se dégrade.
              Pour ce que vous décrivez au sujet de l écoute et les explications inexistantes voir de la condescendance de bcp de médecins, c est connu et reconnu. Surtout en maladie chroniques malheureusement.
              Moi j ai appris tout au long de ma vie.par expérience, lecture, rencontres….a connaître mon corps et les aboutissants de mes différentes pathologies. Si bien qu aujourd’hui je peux avoir un rapport plus détendu et consensuel avec le personnel médical. Trouver des compromis ou trouver un bénéfice risque qui convienne a tout le monde.
              Vous êtes jeune ,maintenant l insuffisance renale permet de vivre ,avec une bonne gestion, pas mal d années. Mais honnêtement le debut est primordial. C est là où le corps se dégrade le plus rapidement si les décisions sont prises trop tard.
              Attention ,je ne vous pousse pas a prendre tel ou tel décision. Mais a réfléchir plus loin qu un éventuel debut de traitement.
              Une chose plus perso, vu que vous parlez de votre famille. Ce que vous subirez avec un état de santé dégradé ….votre entourage le subira x10 ,car ils seront encore plus dans le flou que vous. Je ne vous dis pas de vous sacrifiez pour quiconque, mais d y penser ,car ça n aide personne dans ce cas là.
              Vous me rappelez un peu mes débuts, même si moi les pb on commencé a la naissance et que la phase terminale de l IR est arrivée a 24 ans . Je referais presque pareil mais j ai perdu pas mal de choses ,de temps a ne pas trop faire attention et aujourd’hui je le paie avec des pathologies supplémentaires type cardio et artères en piteuses état .
              Posez tout sur la table , engueuler vous une fois avec le nephro ,moi ça m a aidé 😄😄🤣🤣 et vous verrez plus clair l avenir en pleine conscience.
              Ps: pour vos symptômes, je n ai toujours pas de solutions a vous donner puisque c est l état de vos reins qui les apportent. Donc quoique vous fassiez ce ne sera que temporaire et ponctuel.

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