Greffe : Renaloo salue les avancées majeures proposées par le CCNE
En 2025, 6 148 greffes d’organes ont été réalisées en France. Après plusieurs années de recul, l’activité a retrouvé un niveau comparable à celui de 2017, tandis que le nombre de patients inscrits sur la liste nationale d’attente a augmenté de 50% ( 15 538 au 1er janvier 2017, 23 294 au 1er janvier 2026).
Dans le même temps, le nombre de patients décédés alors qu’ils étaient inscrits sur liste d’attente est passé de 590 en 2017 à 966 en 2025 (+64 %).
Dans son avis “Don d’organes, allogreffes et xénogreffes“, rendu public ce 15 septembre 2026, Le CCNE met en lumière une tension éthique majeure : malgré la priorité nationale accordée au prélèvement et à la greffe, les patients en attente sont exposés à des pertes de chance croissantes, alors que les possibilités de mieux répondre à leurs besoins ne sont pas pleinement mobilisées.
L’avis affirme que cet écart n’est pas une fatalité et formule plusieurs propositions pour le réduire, soulignant que toutes les possibilités de prélèvement doivent désormais être pleinement mobilisées. Le CCNE souligne notamment que l’Espagne obtient des résultats très supérieurs à la France grâce à une organisation plus performante à l’hôpital.
Renaloo salue ces propositions fortes, dont beaucoup sont portées par l’association depuis de nombreuses années.
“Cet avis dit, avec une force inédite, ce que Renaloo porte depuis de nombreuses années : nous ne pouvons pas accepter que des malades voient leur santé se dégrader, et parfois meurent en attendant une greffe, alors que toutes les possibilités de prélèvement et de transplantation ne sont pas pleinement mobilisées. Le CCNE affirme aujourd’hui que cette situation n’est pas une fatalité. Il faut désormais que ces propositions se traduisent en actes, sans attendre”, indique Yvanie Caillé, présidente fondatrice de Renaloo, membre du CCNE et co-rapporteure de l’avis n°152.
Cet avis marque également une étape importante pour la démocratie en santé. Depuis 2022, le CCNE compte six représentants associatifs, notamment issus d’associations de personnes malades et d’usagers du système de santé. Pour la première fois, l’une de ces représentantes est rapporteure d’un avis du Comité. Fondatrice de Renaloo, Yvanie Caillé a co-rapporté cet avis avec le Pr Jacques Duranteau.
Renaloo attend désormais la traduction concrète des recommandations du CCNE dans les politiques publiques, le prochain plan greffe et les futurs débats bioéthiques.
L’essentiel des propositions du CCNE
- Mobiliser pleinement les possibilités de prélèvement et de greffe pour mieux répondre aux besoins des patients, grâce à une organisation et des moyens adaptés à l’hôpital : renforcer et médicaliser les coordinations hospitalières ; développer les réseaux territoriaux ; systématiser le recensement des donneurs potentiels ; accélérer le déploiement du prélèvement après arrêt circulatoire contrôlé (Maastricht III).
- Considérer que toute situation dans laquelle un décès est attendu doit conduire à examiner la possibilité d’un don d’organes.
- Favoriser le développement de la greffe rénale de donneur vivant, sur l’ensemble du territoire.
- Garantir aux donneurs une protection financière, sociale et professionnelle effective, ainsi qu’une priorité d’accès à la greffe en cas de défaillance de leur rein restant.
- Autoriser le don de rein non dirigé dans le cadre de l’anonymat : permettre à une personne volontaire de donner un rein de son vivant à un patient qu’elle ne connaît pas, sans choisir le bénéficiaire.
- Simplifier et fluidifier les modalités des chaînes de dons croisés et autoriser leur initiation par un don non dirigé.
- Garantir une équité réelle d’accès à la greffe : réduire les inégalités d’inscription sur la liste d’attente et réexaminer la place du « rein local » afin de résorber les disparités territoriales de durées d’attente.
- Faire de la prévention et du dépistage une priorité, pour les maladies susceptibles de conduire à une défaillance d’organe, en particulier la maladie rénale chronique.
- Mieux informer de façon pédagogique plutôt que promotionnelle : inscrire les enjeux du don et de la greffe dans les programmes scolaires et universitaires.
- Ouvrir la voie à la recherche sur les xénogreffes en France, dans un cadre exigeant et en complémentarité avec la greffe humaine.




