Rapport IGAS sur la maladie rénale chronique : un diagnostic sans appel, l’urgence d’agir
Renaloo accueille très favorablement le rapport publié par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la maladie rénale chronique (MRC).
Ce travail confirme largement les constats, alertes et propositions que l’association porte depuis de nombreuses années. Alors que la MRC représente l’un des plus importants fardeaux humains et financiers de notre système de santé, elle n’a jamais bénéficié de l’attention politique qu’exigerait un tel enjeu de santé publique.

Le rapport appelle à un changement profond de modèle : faire enfin de la prévention une priorité nationale pilotée et évaluée, réorienter le système vers la greffe, réformer l’organisation et le financement de la dialyse, protéger les patients des dérives et des prises en charge inadaptées, instaurer une gouvernance nationale rénovée.
Dialyse : réformer enfin un modèle à bout de souffle
Renaloo se félicite que le rapport appelle à mener à son terme la réforme de la dialyse, dont nous avons soutenu et accompagné l’émergence et la construction.
Alors que son entrée en vigueur a été reportée au 1er janvier 2027, l’IGAS rappelle qu’il n’est plus possible de différer la transformation d’un modèle archaïque qui incite financièrement aux mauvaises pratiques au détriment de l’accès à la greffe, de l’autonomie des patients et de la qualité des soins.
En finir avec les dérives de la dialyse
Les propositions de l’IGAS répondent aux inquiétudes des patients en proposant un dispositif reposant sur une série de 7 indicateurs d’alerte : taux de patients non-inscrits sur liste d’attente de greffe, fonction rénale élevée au démarrage de la dialyse, nombre de patients dialysés par néphrologue, etc.
Renaloo soutient pleinement cette approche, visant à outiller les ARS pour identifier et mettre fin à d’éventuelles dérives. Cette recommandation est un levier essentiel et urgent d’amélioration de la qualité des soins et de protection des malades.
Elle s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue après plusieurs scandales ayant mis au jour des dysfonctionnements graves, notamment l’affaire des dialyses abusives de Nancy, dénoncée par Renaloo qui a déposé plainte dans ce dossier.
Réorienter le système vers la greffe et faire de l’accès à la liste d’attente une priorité
Le rapport réaffirme que la greffe demeure le traitement de référence de l’insuffisance rénale terminale. Cependant, le Plan Greffe n’a pas atteint ses objectifs. Cette situation se traduit par une augmentation des délais d’attente et des décès de patients en attente et par le maintien en dialyse de milliers de personnes qui pourraient bénéficier d’une transplantation, alors même que celle-ci offre de meilleurs résultats en termes de survie, de qualité de vie, pour un coût très inférieur pour le système de santé.
Dans un contexte de recherche d’efficience et de sobriété en santé, le développement de la greffe constitue ainsi un impératif à la fois médical, humain, économique et environnemental.
L’IGAS souligne notamment que de nombreux patients susceptibles d’être greffés ne sont pas inscrits sur la liste d’attente ou le sont trop tardivement. Elle propose de structurer, sous l’impulsion des ARS, des parcours de « bilan pré-greffe » associant centres de dialyse et équipes de transplantation. Cette mesure est essentielle pour réduire les délais, les pertes de chance et les inégalités d’accès à la greffe, en garantissant à chaque patient une évaluation efficace de ses possibilités de transplantation.
Prévenir plutôt que guérir
L’IGAS appelle à un changement de paradigme en faisant de la prévention de la maladie rénale chronique une véritable politique nationale prioritaire, pilotée, évaluée et dotée d’objectifs mesurables.
Alors que cette maladie touche entre 7 et 10 % de la population, demeure largement sous-diagnostiquée et constitue un facteur majeur de mortalité prématurée, d’altération de la qualité de vie et de dépenses considérables pour le système de santé, le rapport constate l’absence de véritable stratégie coordonnée de prévention et de dépistage. Il recommande d’assurer un pilotage national des actions engagées.
Pour sortir de l’angle mort statistique que constitue encore la maladie rénale chronique, l’IGAS recommande en outre de développer des outils permettant d’en mesurer précisément la prévalence à tous les stades de la maladie.
Construire une gouvernance nationale rénovée à la hauteur des enjeux
L’IGAS propose de doter la maladie rénale chronique d’un véritable pilotage national structuré par le ministère de la santé, associant l’ensemble des acteurs, y compris les patients. Pour Renaloo, cette mesure est indispensable au regard des enjeux considérables de cette pathologie, sans doute la plus négligée de notre système de santé. Prévention, dépistage, dialyse, greffe, financement et réduction des inégalités territoriales doivent enfin faire l’objet d’un suivi régulier, transparent et fondé sur des résultats, avec une articulation claire entre les niveaux national et régional.
Seule une gouvernance forte permettra de transformer durablement les constats en progrès concrets pour les patients.
Ce rapport constitue une occasion unique de changer d’échelle face à la maladie rénale chronique, l’une des pathologies les plus fréquentes, les plus coûteuses et pourtant les plus négligées de notre système de santé.
Renaloo appelle le Gouvernement à traduire sans délai ses recommandations en actes, en engageant une stratégie nationale ambitieuse sur la maladie rénale chronique, articulant prévention, dépistage, priorité à la greffe, transformation de la dialyse.
Le diagnostic est désormais posé et documenté, les propositions sont formulées.
L’urgence est d’agir.




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