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Quelques infos sur la dialyse péritonéale

Merci à Simon pour son analyse sur les avantages et les inconvénients de la DP !

Les inconvénients :

  • La durée du traitement est beaucoup plus longue. En HD, on ne vit avec la dialyse que 3 demi-journées par semaine, ce qui est déjà beaucoup, mais en DP la dialyse c’est tous les jours, tout le temps.
  • Il faut être très indépendant, et ne pas avoir peur de se retrouver seul face à sa machine ; de plus, on ne rencontre presque pas de compagnons d’infortune avec qui discuter, échanger les expériences ou solliciter des conseils. On doit apprendre et découvrir la dialyse tout seul.
  • Tout le monde ne peut pas dialyser de cette manière : en effet cette technique est relativement inefficace comparée à l’hémodialyse, c’est pour cela qu’il faut la faire tous les jours. Il est préférable, la plupart du temps, d’avoir une fonction rénale résiduelle, si faible soit elle, sans quoi l’épuration extra-rénale risque d’être insuffisante, sauf à rester accroché à sa machine 24 h / 24, ce qui, bien sûr est difficilement envisageable…
    A titre d’exemple je donne les chiffres me concernant : ma clairance rénale résiduelle était aux environs de 4 ml/mn, la clairance totale sur une semaine aux alentours de 9 ml/mn en moyenne, ce qui veut dire que la dialyse ne fonctionne qu’à hauteur de 5 ml/mn en moyenne ! Ma créatinine est toujours restée entre 1000 et 1200 µmol/l (soit entre 115 et 135 mg/l) pendant les trois ans et demi de DP, soit environ dix fois le taux normal. Malgré cela, mon traitement était considéré comme tout à fait satisfaisant, puisque le minimum à atteindre dans mon centre est fixé à 7 ml/mn en moyenne sur une semaine (clairance résiduelle et dialyse).
  • Le cathéter est inesthétique et gênant. De plus il constitue une porte d’entrée de choix pour les micro-organismes, et augmente considérablement le risque d’infection péritonéale. C’est pourquoi la dialyse comme la réalisation du pansement du cathéter nécessitent le respect de conditions d’hygiène strictes : port d’un masque, lavage chirurgical des mains, bonne hygiène des locaux où se déroule la dialyse, etc. Malgré toutes ces précautions, les cas de péritonite ne sont pas rares, et même quasiment systématiques au-delà de trois ans de dialyse (pour ma part, première et unique péritonite à 34 mois de DP). Si l’infection est détectée suffisamment tôt, et si l’agent infectieux n’a pas migré dans le sang (septicémie), le problème se règle en quelques jours d’hospitalisation : lavages péritonéaux à l’aide de solutions de dialyse auxquelles on ajoute un antibiotique puissant, et une ou deux perfusions d’antibiotiques.
    Encore une fois, il convient de signaler le désavantage d’être seul face à ce genre de problème : c’est vous qui devez le premier diagnostiquer la péritonite et vous rendre à l’hôpital pour la faire traiter. Inutile de dire qu’il vaut mieux se déplacer pour rien que de passer à côté d’une réelle infection…
  • Tout ce matériel prend beaucoup de place, il est donc bon de disposer d’un local facilement accessible et raisonnablement sain (évitez les caves très humides ou les greniers très poussiéreux… Un garage, par exemple, fait parfaitement l’affaire à condition qu’il ne gèle pas dedans en hiver) parce que les cartons dans la chambre, c’est un peu encombrant. Dans mon cas, je recevais une palette de 800 kilos tous les mois…
  • La solution de dialyse est très sucrée, ça crée un apport de glucose très important, donc le régime est assez strict au niveau des sucreries, et le risque de diabète s’en trouve accru (mais en fait, ça dépend surtout de la réponse de l’organisme à cet apport supplémentaire : s’il n’y a pas d’augmentation significative de la glycémie et une ” envolée ” des triglycérides, alors le régime est beaucoup plus souple).
  • La solution dialyse aussi les protéines. Il faut donc ” jongler ” (et c’est pas très facile) avec les viandes-poissons-œufs-laitages pour avoir un apport protidique suffisant sans faire trop monter le phosphore. Il existe, pour les personnes présentant un risque accru de dénutrition (en particulier les personnes âgées), des solutions enrichies en protéines qui limitent le phénomène de déplétion protidique.
  • Enfin, à la différence de l’hémodialyse, la durée du traitement est généralement limitée, la qualité du péritoine tend à se détériorer, ce qui est encore accru par les éventuelles péritonites.

Les avantages :

  • Le principal avantage, en DP, c’est que c’est une technique plus physiologique, plus ” douce ” que l’hémodialyse : l’épuration extra-rénale se fait continuellement, ce qui, même si elle est faible, est moins agressif pour l’organisme, et au total pas moins efficace.
  • L’ultra-filtration, par exemple, a lieu en permanence, au lieu de perdre 3 kilos à chaque séance d’HD on ne ” rend ” qu’un litre d’eau environ par jour : donc pas de problème de tension, de fatigue, de crampes, etc… (en tous cas moins de problèmes de ce genre). Le régime est aussi un peu moins contraignant, même si en théorie c’est quasiment le même qu’en HD, mais en pratique les écarts sont beaucoup plus tolérables.
  • La DP n’altère pas (ou peu) la fonction urinaire, on a donc pas (ou peu) de restriction hydrique. Dans le même ordre d’idée, l’aspect continuel de la dialyse permet une surveillance plus facile des paramètres biologiques, qui a priori (sauf bien sûr s’il y a un problème, ou une aggravation de la pathologie) n’évoluent pas ou peu dans le temps, quand le traitement est bien stabilisé, à la différence de l’HD ou ces paramètres augmentent entre chaque séance. Ainsi, il est plus facile de juger de l’efficacité du régime, et de l’adapter à bon escient si besoin.
  • D’autre part, on bénéficie (en tous cas j’ai bénéficié) d’un suivi médical que je qualifierais de souple compte-tenu de la gravité de l’IRC : une consultation par mois avec bilan biologique, et une consultation approfondie tous les six mois (avec bilan plus complet, changement de ligne d’adaptation sur le cathéter, mesure de la perméabilité péritonéale, et une fois par an quelques radios : à peine une journée à l’hôpital).
  • L’autre avantage important de la DP est la relative autonomie dont on dispose pendant le traitement. Il est infiniment plus facile de partir en vacances, en week-end, même de manière impromptue. Pour les vacances de longue durée, il est généralement possible de se faire livrer à l’avance tout le matériel nécessaire sur le lieu de villégiature (même à l’étranger), mais pour les durées inférieures à une semaine, on peut se débrouiller tout seul pourvu qu’on ait un coffre assez grand.
    Je prends (encore) mon exemple : il m’est arrivé de partir une semaine entière avec tout le matériel (machine + poches + accessoires divers) et aussi la poussette, le lit pliant et la chaise haute de mon fils (j’ai un kangoo, qui, il est vrai dispose d’un très grand coffre).

J’ajoute pour modérer un peu mon propos, que j’ai n’ai jamais subi (ou bénéficié) d’hémodialyse, donc je ne peux pas vraiment juger impartialement de la différence entre les deux techniques. Tout ce que je connais de l’HD, on me l’a raconté, ou je l’ai lu sur le forum ou sur renaloo. Je pense néanmoins que je suis resté en meilleure santé grâce à la DP.

D’autre part je suis jeune, et en excellente santé par ailleurs (je veux dire hormis l’IRC). Cela a contribué aussi au fait que mon traitement se soit aussi bien déroulé, et je crois que ça peut moins bien se passer chez des personnes plus âgées, moins en forme et/ou souffrant d’autres pathologies.

Simon

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